São Paulo, ma ville natale, a été fondée en 1554 et son histoire a toujours été marquée par l’action des gens qui se déplaçaient – comme fut le cas des bandeirantes. Mes grands-parents maternels se sont connus à bord d’un paquebot qui effectuait la traversée de l’Atlantique. Voyager intègre donc ma vie bien avant ma naissance, et aussi celle des Japonais qui ont quitté le Japon tout au long du 20ème siècle afin de refaire leur vie au Brésil – permettant à São Paulo de devenir l’endroit avec la plus nombreuse communauté japonaise en dehors de l’archipel nippon. Lorsque je pense à ces deux extrêmes et que je les regarde sur une carte, je ne peux pas m’empêcher de voir l’endroit où je vis – Paris – comme une espèce de juste milieu entre le Brésil et le Japon.

2009 marquait le 10ème anniversaire de mon départ du Brésil, mon pays natal ; inspiré par le périple des 781 Japonais arrivés au Brésil en 1908 à bord du Kasato Maru, j’ai décidé de me rendre au Japon en train, dans un voyage qui, comme le leur, a duré 52 jours. Vu que l’année de 2009 signalait quelques repères historiques majeures, notamment le 70ème anniversaire du début de la Deuxième Guerre, ainsi que le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, mon parcours a été défini en fonction des villes affectées par ces deux événements : Paris, Berlin, Prague, Varsovie, Riga, Moscow, Vladivostok, Hiroshima, Kyoto et Tokyo.

J’avais sur moi un appareil Polaroïd avec lequel je prenais une photo à chacun des 52 jours, me permettant par la suite d’illustrer ce voyage à partir de ces photographies prises au long de mes journées. Voici l’origine de Paris – Tokyo par train, projet pluridisciplinaire qui constitue le troisième chapitre de la Trilogie Japon.